COMMUNIQUE DE PRESSE N° 15/ACAJ/2014 – «Octobre 2004-Octobre 2014 : il y a dix ans que les victimes des crimes commis à Kilwa, province du Katanga, réclament justice»

COMMUNIQUE DE PRESSE N° 15/ACAJ/2014

«Octobre 2004-Octobre 2014 :

il y a dix ans que les victimes des crimes commis à Kilwa,

province du Katanga, réclament justice»

Le 14 octobre 2004 aux environs de 2 heures du matin, un groupe de six ou sept individus faiblement armé avait tenté d’occuper la cité de Kilwa, dans la province du Katanga, au sud-est de la RDC. Ils prétendaient appartenir à un mouvement rebelle dénommé « Mouvement révolutionnaire pour la libération du Katanga (MRLK).

 Le 15 octobre, vers 16h30, la 62ème Brigade des FARDC basée à Pweto, sous le commandement du Colonel Ilunga Ademar, avait lancé une contre attaque, en utilisant des véhicules de la compagnie minière locale Anvil Mining. Les affrontements entre les FARDC et les insurgés avaient duré une à deux heures, se concentrant principalement dans le quartier du marché et sur la route menant à la piste d’aviation. Du 15 au 18 octobre, les FARDC avaient récupéré toute la cité de Kilwa après avoir fouillé les maisons une à une.

De graves violations des droits de l’homme furent commises notamment des exécutions sommaires, des arrestations arbitraires, pillage, viols et extorsions contre la population civile. Dans son rapport du 10 novembre 2004, la MONUC expliqua que 73 personnes avaient été tuées, et parmi lesquelles 28 exécutées sommairement. Le rapport provisoire de la Croix-Rouge congolaise locale, dont les membres étaient présents à Kilwa immédiatement après les exactions, a fait état de 81 morts. Deux fosses communes et une tombe individuelle furent localisées dans les environs de Kilwa, à Nsensele. L’une des trois tombes aurait contenu les corps de 13 victimes d’exécutions sommaires. Pendant cette période, les victimes et les parents de ceux qui ont été exécutés sommairement ou qui ont disparu avaient fait l’objet d’actes d’intimidation ou de menaces pour qu’ils n’expriment pas leur chagrin en public.

 Selon plusieurs témoignages, les FARDC avaient utilisé des véhicules de Anvil Mining au cours de leur opération pour transporter des biens pillés ainsi que des cadavres jusqu’au site de Nsensele.

Anvil Mining avait reconnu avoir affrété des avions pour évacuer son personnel vers Lubumbashi. Elle avait aussi reconnu avoir transporté, les 14 et 15 octobre 2004, environ 150 soldats FARDC dans la zone des opérations. Ces avions ont été aussi utilisés pour transférer à Lubumbashi certains des suspects rebelles arrêtés par l’armée après sa contre-attaque sur Kilwa.

En Août 2006, suite à une pression soutenue, sept soldats ont été arrêtés en rapport avec ces exactions et transférés à Lubumbashi. Par après, neuf soldats dont le colonel Ilunga Ademar furent accusés de crimes de guerre, arrestations et détentions arbitraires, torture et meurtre. Trois employés étrangers civils d’Anvil Mining furent aussi inculpés pour avoir aidé et encouragé les FARDC lors de la perpétration de ces crimes.

 A la suite de l’ingérence politique excessive du gouvernement, la justice militaire organisa un procès inéquitable et qui déboucha sur l’acquittement de tous les inculpés des crimes commis à Kilwa.

 « On m’a privé le droit à la justice car je suis pauvre et sans soutien politique. Aidez-moi à connaitre la vérité sur le lieu où se trouverait mon fils enlevé le 16 octobre 2004 et dont je n’ai pas de suite à ce jour, a demandé Mme Adèle MWAYUMA en s’adressant à l’ACAJ.

L’ACAJ exige une enquête indépendante, impartiale et exhaustive sur les violations graves des droits de l’homme commises à Kilwa par les FARDC au mois d’octobre 2004 et un procès juste et équitable.

 Fait à Kinshasa, le 22 octobre 2014

 ACAJ

Pour tout contact :

Me Georges Kapiamba, président de l’ACAJ

Téléphone : +243 81 404 36 41

Email : kapiambag@gmail.com

 

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